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L’impact de la drogue sur le cœur

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Actualité des addictions

L’impact de la drogue sur le cœur

La drogue (cannabis, cocaïne et méthamphétamine) et les médicaments opiacés augmentent le risque de trouble cardiaque. Une étude américaine révèle que ces drogues, illicites ou prescrites sur ordonnance, augmentent nettement les risques de fibrillation auriculaire et d’accident vasculaire cérébral.

Martin Ducret, médecin et journaliste au Quotidien du Médecin décrypte aujourd’hui dans C’est ma santé, une vaste étude américaine qui révèle que la consommation de certaines drogues augmentent drastiquement le risque de fibrillation auriculaire, le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent au monde.

franceinfo : Tout d’abord, qu’est-ce qu’une fibrillation auriculaire ?

Martin Ducret : Une fibrillation auriculaire (FA), c’est un emballement du rythme cardiaque qui devient alors anarchique et irrégulier. C’est un trouble fréquent qui peut être ressenti par le patient sous forme de palpitations par exemple, ou passer totalement inaperçu.

Sa principale complication est la survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC). En cas de FA, le risque de faire un AVC est multiplié par 5. L’âge est le premier facteur de risque de FA, mais il en existe beaucoup d’autres, comme l’hypertension artérielle, l’obésité ou encore le tabagisme et la consommation excessive d’alcool.

Que nous apprend cette étude ?

Cette étude américaine révèle que le risque de fibrillation auriculaire est nettement augmenté par la consommation de drogues illicites – cannabis, cocaïne et méthamphétamine (c’est une drogue psychostimulante) – ou par l’usage de médicaments opiacés qui sont prescrit sur ordonnance (comme le tramadol ou la morphine).

Pour arriver à ces conclusions, les auteurs ont épluché les données médicales de plus de 23 millions d’américains sur une période de 10 ans. Chez ce panel de patients, le risque de développer une fibrillation auriculaire était augmenté de 35% en cas de consommation de cannabis, et de 60 à 80% pour les trois autres substances.

Pour le Pr William Lowenstein, addictologue et président de SOS addiction, “cette étude est remarquable car elle s’intéresse, sans faire de distinction, aux effets de substances légales, les opioïdes prescrits sur ordonnance, et de drogues illégales dont les conséquences ont été beaucoup moins étudiées à ce jour.”

Le risque de fibrillation auriculaire est-il dépendant de la dose de consommation de ces drogues ?

L’étude ne nous le dit pas, et c’est une de ses limites. Les auteurs précisent que les résultats ne peuvent être extrapolés aux patients qui consomment rarement ces substances. Mais ils ne spécifient pas à quel stade la consommation est considérée comme fréquente.

Ce point reste évidemment à éclaircir, sachant que l’usage ponctuel de certaines drogues, une seule prise de cocaïne par exemple, peut avoir de graves effets sur le système cardiovasculaire, comme la survenue d’un infarctus. D’autres études sont donc nécessaires pour évaluer à quelle dose, fréquence de consommation et voie d’administration, chacune de ces substances induit un risque de fibrillation auriculaire.

Source : FranceInfo

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